Pour les 20 ans de Systematic Paris-Region notre Président Pierre Vilpoux est intervenu avec Manuel Le Bail de Parrot et Safouane Benamer de OPUS Aerospace sur les enjeux longtemps sous-estimés de cybersécurité liés à l’usage des drones, et qui concernent également aujourd’hui les lanceurs et systèmes spatiaux.
Les enjeux de cybersécurité concernent l’ensemble de la chaine de valeur drone, plateforme de supervision de missions & C2, environnement IT, liens télécoms, intelligences logicielles et matérielles embarquées. Nous avons pu témoigner de la profondeur des enjeux adressés depuis 10 ans par Uavia, et du lien qui ne doit être ignoré entre les deux enjeux cybersécurité et souveraineté. Pour adresser des usages de sécurité, de sureté ou de défense, les investissements qu’une startup doit faire en réponse à ces deux enjeux sont massifs, souvent bien supérieurs au développement applicatif lui-même. Des back-doors peuvent être présentes dans nombre de modules logiciels ou outils de développement SDK bon marchés (voire gratuits) et il est donc fondamental de garder un oeil méfiant et expert sur des briques technologiques émanant d’acteurs représentant des intérêts mal ou non alignés avec nos propres intérêts souverains, qui peuvent devenir de véritables « bombes logicielles » à retardement.
Derrière des combats économiques se cachent des combats de souveraineté : acheter à « bas prix » des solutions logicielles ayant des dépendances non auditables, ou/et servant de Chevaux de Troie à de l’achat de matériels dont l’intelligence embarquée également non auditable est susceptible de stocker des données sensibles durant des années, jusqu’au jour d’une attaque coordonnée rendue par exemple possible par l’émergence d’IA et de calculateurs quantiques à la puissance inconnues aujourd’hui, est un risque à évaluer sérieusement.
La situation économique actuelle est donc piégeuse: les acheteurs notamment publics sont contraints par des clauses privilégiant largement les bas prix – ce que chacun comprend-, les investisseurs poussent – et ils ont raison – les startups à prendre les marchés le plus vite possible, mais tout ceci a ses limites, et la première concerne bien la souveraineté : developper et sécuriser ici en Europe a un coût, mais ce coût est l’investissement nécessaire à l’indépendance et la prospérité, il est donc fondamentalement créateur de valeur. Les Startups et PME ont besoin de contrats, et de moyens d’investissements pour mener ces combats. Elles sont frugales et agiles mais doivent pouvoir grossir et continuer à créer leurs atouts.